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  SE SEPARER : étayage et accompagnement vers l'individualisation et l'autonomie à tous les âges de la vie

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Se séparer ?

Un travail d'étayage et d'accompagnement vers l'individualisation et l'autonomie, à tous les âges de a vie.

Se séparer, cela semble violent, compliqué. Se séparer c’est « s’éloigner », s’éloigner de l’autre, c’est faire face à soi, donc être seul, sans l’autre.  Alors oui, se séparer ça peut faire peur, quelle que soit notre place. Que nous soyons l’enfant ou que nous soyons le parent, le professionnel…
Il est tellement plus simple et plus logique de se complaire dans cette place sécurisée et contenue par l’autre ! Alors est-il bon de se séparer et pourquoi ?

Il y a des familles où la fusion fait l’objet principal d’un mode de communication. Tout est collé. On ne peut exister l’un sans l’autre. Les émotions sont alors indifférenciées, confondues, tant dans l’amour que dans la haine. Mais comment bien communiquer  quand les places de chacun ne sont pas différenciées ? Cela est bien compliqué.

Se séparer prend donc toute son importance ici. Se séparer, c’est s’individualiser, s’autonomiser, devenir sujet, différent d’autrui, sujet unique avec son histoire propre, ses pensées, ses désirs... L’étymologie du mot « séparé » nous invite d’ailleurs à un regard vers le sujet en devenir, l’origine de « séparé » trouvant sa racine dans le mot « parere » signifiant « mettre au monde ». Ainsi, se séparer commence au tout début, dès la naissance. Il s’agit de la première et plus intense des séparations, premier traumatisme de la vie du jeune enfant qui se retrouve délogé de son cocon sécure, chaud et berçant, que lui offrait sa mère au sein de son ventre. Bien vite plongé dans ce monde rempli de stimuli, il retrouvera un confort affectif au sein des bras de sa mère, et de tous ces autres qui viendront exister autour de lui, et le faire exister. Le père sera ce « premier autre » qui aura une place de tiers au sein de la relation duelle mère-enfant, leur permettant de s’éloigner un peu pour faire de la place pour chacun des membres de la relation, une relation triangulaire telle que Freud la définit.

Cette séparation traumatisante de la naissance est également celle de la mère, qui fusionnait avec cet être qui grandissait en elle. Un être qui était rattaché à elle par ce câble maternel, cette corde de sécurité, le cordon ombilical qui devra être coupé, physiquement et symboliquement.
Puis viendra le temps de la séparation pour intégrer les lieux d’accueil en collectivité tels que la crèche, l’école maternelle, l’école primaire… Ces espaces de rencontres et de séparations, vont mobiliser tout le psychisme afin d’entrer dans un nouveau mode relationnel, une nouvelle dynamique d’échanges et de places. Les premiers temps de rencontres seront décisifs. Comment entrer en relation ? Comment se dire au revoir ? Comment se retrouver ? Comment préparer la prochaine séparation ?...

Me revient en mémoire cet enfant de 2 ans et demi, nous l’appellerons Nicolas, qui vivait seul avec sa mère après une séparation brutale et récente de ses parents. Il intègre le groupe des grands de notre crèche en cours d’année, alors que chacun, enfants et professionnels, a déjà trouvé sa place au sein de la section. Nicolas souffre atrocement à chaque séparation. Il pleure, s’accroche à sa mère, et est très difficilement consolable. Il ère dans la section, se pose dans le « coin calme », le regard triste, pleure de façon chronique. Il commence à présenter des troubles du sommeil ce qui inquiète beaucoup sa mère. 
Suite à des échanges entre professionnels et avec la mère, nous décidons de travailler sur ce temps de séparation qui nous semble si important. Nous proposons des rituels visant à préparer la séparation depuis le départ de la maison jusqu’à l’arrivée dans la section de la crèche (verbaliser ce qui va se passer, faire des petites chansons spécifiques du matin et pour se dire au revoir, des rituels de câlins-bisous). Nous pensons aussi un accompagnement auprès des professionnels de son groupe avec un temps de relais, l’importance donnée également aux retrouvailles... Et puis nous intégrons le fameux doudou, « objet transitionnel »1 que Winnicott décrit si bien, afin d’offrir un objet d’investissement symbolique lors de la séparation d’avec la mère (durant les siestes, les couchers, les temps de séparation chez la nourrice ou à la crèche…).
Cet objet spécifique, auquel l’enfant s’attache, aura un rôle de substitut maternel permettant à l’enfant de supporter les moments d’angoisses lorsqu’il devra se séparer de sa figure d’attachement (mère/père/grand-parent…).


Ce doudou, Nicolas pourra le garder autant de temps qu’il en aura besoin. D’ailleurs, pourquoi ne pas permettre à chaque enfant d’être autonome sur la gestion de son besoin de doudou ? Nous mettons alors en place des paniers nominatifs pour que chaque enfant puisse déposer ou aller chercher son doudou lorsqu’il en a besoin (avec des règles pour cadrer de façon pertinente la place spécifique du doudou selon les activités). Ainsi, Nicolas fait partie intégrante du groupe en ayant participé à la mise en place d’un projet au sein de sa section. Et par des rituels organisés avec sa mère et l’équipe, Nicolas peut petit à petit se séparer et s’appuyer sur son doudou pour se rassurer et s’apaiser lorsqu’il en a besoin, et ce, de façon autonome.

Que nous apprend l’histoire de Nicolas ?
Se séparer ça se prépare, ça s’organise, ça se pense. Se séparer, nous le faisons dans notre quotidien, avec plus ou moins de difficulté, avec plus ou moins de plaisir, que ce soit pour entrer à l’école, à l’université, intégrer un lieu de travail, entrer dans un groupe d’association culturelle ou sportive, quitter le foyer familial pour s’installer seul ou en couple, se séparer de sa compagne pour faire de la place à un enfant à venir, laisser partir nos enfants de la maison, le deuil d’un parent… Se séparer est un acte de tous les jours, inscrivant de nouvelles dynamiques relationnelles, impliquant des aménagements ou réaménagements des places au sein d’un groupe. Mais chaque fois, la séparation vise une « mise au monde », une nouvelle entrée dans un espace relationnel toujours nouveau et qui nous pousse à travailler sur soi par rapport à l’autre. Qui suis-je en tant que sujet, unique et différent d’autrui ? Chaque fois, se séparer semble donc difficile mais inévitable afin de ne pas s’organiser/se perdre dans une fusion des places, une fusion qui peut être aliénante et qui empêche d’exister en tant que sujet.

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1 Le concept d’objet transitionnel a été développé par Donald Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique, dans les années 50, pour définir cet objet choisit et investit par l’enfant afin qu’il trouve en cet objet un espace de transition, de substitution lors de l’absence de sa mère, pour se rassurer. Celui-ci « dégage l’enfant du besoin de la mère elle-même ».
L’objet transitionnel selon la définition de Winnicott, est un : « objet ou phénomène qui acquiert une importance vitale pour le petit enfant qui l’utilisera au moment de s’endormir. C’est une défense contre l’angoisse, (…) qui deviendra ce que j’appelle l’objet transitionnel. »  Jeu et réalité, l'espace potentiel, D. W. WINNICOTT, Gallimard, Paris, 1975, Page 11.


Par Céline ROUFFINEAU

Psychologue clinicienne

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