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Séparation / Individuation : La pathologie du lien

Il existe un continuum entre le normal et le pathologique. Comme disait ma professeure de psychopathologie, la pathologie est une question de quantité. Ce propos m’avait déjà marqué à l’époque, mais je ne mesurais pas à quel point il se vérifierait chaque jour dans mon quotidien clinique.
Cela se constate particulièrement pour cette question essentielle qui concerne la majorité des jeunes patients que nous traitons : La séparation / Individuation. A LezAPe : Les Ateliers Parents-enfants, nous recevons les cas les plus légers, dont nous pouvons penser qu’ils pourront tant bien que mal traverser une vie de normalo-névrosés avec une aide ponctuelle, comme les sujets les plus atteints, se trouvant à l’autre extrémité de la courbe de Gauss . Pour ces derniers, on sait d’emblée que l’accompagnement sera long et périlleux, bien qu’ils soient encore très jeunes et leurs parents conciliants.


A un niveau symptomatique, la quantité fait toute la différence entre ces deux extrêmes, mais aussi la qualité. Oui, l’angoisse de séparation / individuation peut se ressentir chez nos jeunes sujets à des intensités très variables, allant du normal au pathologique. Ils peuvent par exemple monopoliser l’attention en racontant avec des détails infinis comment telle ou telle sortie scolaire a été passionnante, ou peuvent s’arranger pour se retrouver l’air de rien, dans le champ visuel d’un parent absorbé par une conversation téléphonique qui les sépare de lui.
En général, les parents remarquent à peine ce qui est en train de se jouer avec finesse. Ils viennent nous consulter parce que la directrice de l’école le leur demande. Le système scolaire est une micro-société qui pointe en effet tous les écarts de comportement, les plus grands, comme les plus microscopiques. Difficile pour ces enfants de supporter d’être des anonymes parmi une énorme trentaine d’élèves. Difficile de ne pas sortir du rang, de se conformer, de disparaître dans le groupe. Ah le fameux partage de l’attention qui donne le sentiment de ne plus exister, de ne plus compter pour personne… Faire le pitre pour attirer quelques fans et les ennuis qui vont avec est alors bien trop tentant.


Avec le temps, si l’angoisse est modérée, les choses se régulent tout de même de façon acceptable. Ces enfants deviennent des personnes dont la société s’accommode. Ils parviennent à s’y trouver un rôle qui leur assure d’être suffisamment visibles. Le « Moi-Je » en excroissance, ils sont ces collègues qui peuvent en agacer d’autres parce qu’ils donnent toujours le sentiment de savoir tout sur tout et de tout mieux faire que les autres (suivez mon regard !). Ils sont aussi ces collègues qui, quel que soit le poste qu’ils occupent, s’imposent au groupe comme des leaders incontestables. Tout doit passer par eux !
Mais pour ceux dont le curseur ne se situe pas au même endroit sur la courbe, les choses sont plus complexes. L’angoisse étant ressentie à la puissance mille, elle génère des comportements qui n’ont plus rien à voir avec la subtilité décrite à l’instant. L’enfant a alors besoin de saturer simultanément plusieurs canaux sensoriels chez son interlocuteur. Il lui faut occuper l’intégralité de son champ visuel, fusionner corporellement avec lui (plan tactile), et l’envelopper d’un bain sonore permanent qui assure la fusion psychique la plus totale. Et lorsque l’adulte a la volonté de contrecarrer tout ça en se désolidarisant de ce mélange infernal, il doit faire face à un déchaînement qu’il n’imaginait pas. Car l’enfant en fait une question de vie ou de mort. Par les moyens rudimentaires dont il dispose, il met toute son énergie à l’œuvre pour faire reculer l’angoisse de séparation dont il pense qu’elle va l’anéantir sans délai.
Cette angoisse-là n’a assurément pas le même calibre que celle, modérée, décrite précédemment. Les défenses érigées par les sujets ne sont pas non plus égales. L’un possède une psyché opérante qui lui permet de savoir quels outils chirurgicaux employer pour gérer les moments d’inconfort qu’il ressent, l’autre possède une psyché immature, très vite débordée par des sensations qu’elle ne peut pas traiter. Son débordement quasi-quotidien a donc une conséquence terrible pour l’entourage : Le déchaînement, la crise !


On ne maîtrise pas les raisons multifactorielles d’un écart si important entre ces deux profils. On constate simplement qu’un développement est en train de s’opérer sur un terrain pathologique, et l’on essaie de tout mettre en œuvre pour s’approcher le plus possible du développement attendu par une action thérapeutique d’urgence. Pour ce faire, il est évidemment important de travailler en alliance avec des parents qui comprennent la difficulté de leur enfant, et participent donc à lui donner les réponses verbales et comportementales aidantes qui pourront au mieux possible dissoudre cette angoisse. L’accompagnement des Ateliers Parents-enfants est avant tout un accompagnement pédagogique qui doit permettre cela. Il s’agit de faire de ces parents des alliés, de leur donner les outils de compréhension et d’action qui feront d’eux les meilleurs soignants qui soient pour leur enfant. Les ateliers hebdomadaires seront alors comme un modèle qui se jouera en présence du psychologue d’atelier, et qui sera censé se répéter en son absence toute la semaine.


Aux parents inquiets je dirais pour terminer qu’il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour consulter. Mais agir au plus tôt est bien sûr donner toutes ses chances à l’enfant de s’approcher d’une courbe d’évolution standard. Une chose est pour moi évidente, plus ils s’emploieront avec rigueur à appliquer au quotidien ce qui a été joué en atelier, et plus ils auront de chances de voir le comportement de leur enfant s’améliorer durablement.


Par Jean-Luc ROBERT
Psychologue clinicien

Copyright © LezAPe déc.2016

Johann Carl Friedrich Gauß (prononcé en allemand [gaʊs]; traditionnellement transcrit Gauss en français ; Carolus Fridericus Gauss en latin), né le 30 avril 1777 à Brunswick et mort le 23 février 1855 à Göttingen, est un mathématicienastronome et physicien allemand. Il a apporté de très importantes contributions à ces trois domaines. Surnommé « le prince des mathématiciens », il est considéré comme l'un des plus grands mathématiciens de tous les temps.
Courbe de Gauss – Loi normale : Courbe étudiée par de Moivre en 1718 et par Gauss en 1809. Une distribution normale est une distribution parfaitement symétrique autour d’une valeur unique, qui est à la fois le mode, la médiane et la moyenne ; les effectifs décroissent régulièrement au fur et à mesure que l’on s’éloigne de cet axe de symétrie dans les deux sens. Au début du XXème siècle, « on voit s’installer en psychologie le postulat que les résultats à des épreuves mobilisant des caractères psychologiques, puisqu’ils reflètent la distribution « normale » des caractères, doivent se répartir selon la loi « normale ».

La psyché est une théorie en psychologie analytique, qui désigne l'ensemble des manifestations conscientes et inconscientes de la personnalité d'un individu.

 
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